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La Mona au jour le jour >

Synthèse des sorties 2026

Les sorties effectuées de mars à septembre 2026 ont permis un certain nombre de constats et d'enseignements. Ils portent tant sur les améliorations techniques nécessaires au fonctionnement de la Mona que sur la manœuvre de cette dernière. Ces expériences affinent aussi la perception que nous pouvons avoir d'une navigation sur le fleuve Charente au haut Moyen Âge. Enfin, les choix architecturaux des concepteurs des barques du Priouté et de Taillebourg qui interpellaient lors de l'étude de ces épaves, trouvent un sens à la faveur de ces navigations aux conditions variées.

Modifications effectuées

Sur le plan technique, les modifications ont concerné successivement le gréement, les avirons de nage, la gouverne et l'assise de l'équipage.

La réduction du diamètre des cordages de manœuvre ont rendu plus fluide leur usage. La mise en place de garcettes sur la vergue pour ferler la voile en dehors de son usage a permis de désencombrer l'espace de travail et de lever la vergue à mis hauteur pour faciliter les manœuvres de nage. Les garcettes, épissurées sur les avirons, solidarisent au mieux aviron et dame de nage. L'affinement des poignées des avirons de nage a rendu leur préhension plus aisée. Celui de gouverne a bénéficié de ce lifting et de la mise en place d'une gournable à tête en travers de la poignée et dans l'axe de la pelle. Ce dispositif donne instinctivement l'orientation de cette dernière. Enfin, le confort des séants revendiqué par les rameurs a justifié quelques arases et un nouveau banc arrière.

Manoeuvrer la Mona

Les premières manœuvres sur la Mona ont rapidement mis en exergue les qualités et savoir faire à acquérir. Quitter le quai ou accoster au retour à la rame induisent de la coordination sous la férule d'un seul maître de manœuvre. La nage à l'aviron, sans ou avec courant, a les mêmes exigences.

L'usage de la voile, n'est pas en reste : un vent qui tourne de travers et la voile doit être parfois orientée en passant sous le hauban au vent : affaler rapidement la voile, passer la vergue sous le hauban concerné, hisser à nouveau et tourner rapidement.

Ces sorties à la rame ou à la voile permettent de conclure que l'équipage de la Mona peut être limité à trois personnes. Au delà de quatre, l'encombrement de l'espace est préjudiciable à la manœuvre d'autant que la présence potentielle d'une cargaison doit nous inciter à restreindre le nombre de personnes à bords.

Naviguer sur la Charente

La navigation sur le fleuve Charente entre Tonnay-Charente et l'estuaire a ses particularismes. Le fleuve est plus large et le paysage plus ouvert. Le relief qui offrait un masque, alternativement en rive droite ou gauche depuis Saintes, s'atténue et le fleuve file vers l'embouchure à travers une plaine. Ce secteur fût, aux périodes anciennes, un espace lagunaire ponctué d'îlots dont les toponymes gardent à ce jour la trace.

La descente de Tonnay-Charente vers l'aval est rythmée par plusieurs méandres qui alternent des orientations nord - sud et est – ouest. Quelle que soit l'orientation du vent dominant, on aura plus de la moitié du trajet en vent de face et de travers. Si le vent de face impose d'affaler et de passer à l'aviron, le vent de travers fait dériver et ralentit en fonction de sa puissance et de l'orientation du chenal. Cette difficulté peut-être atténuée en profitant des masques offerts par la berge (qui augmente avec la marée descendante). La navigation se fait à la fois sous le couverts de la berge côté vent et à la limite du courant et du mort d'eau pour éviter de ce faire embarquer ou freiner. La hauteur du mât permet de capter le vent dans cette configuration.

Descendre le fleuve jusqu'à l'embouchure, le remonter depuis la mer est une loterie : le vent peut être favorable ou désespérément contre. Si le remorquage motorisé nous sauve de ces incertitudes, nos anciens mérovingiens y étaient pleinement soumis et le temps de navigation peu maîtrisable.

Une architecture adaptée ?

Certains choix architecturaux présents sur nos trois sister-ship mérovingiens, ont naturellement poussé à des interprétations ou au contraire à des incompréhensions.

Ces deux caractéristiques architecturales témoignent en définitive de l'adaptation de la Mona à cette partie du fleuve Charente, soumise aux marées, aux vents et offrant un relief modeste.

À l'aune de ces constats, la sortie dans l’estran, si elle n'est pas écartée, trouve de façon certaine ses limites dans des conditions de mer et de vent très modestes.

Photo Frédéric Tessier - www.tessier.photos
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