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La Mona au jour le jour >

Contexte historique de la Mona

La Mona est une réplique de navire du haut Moyen-Âge, basé sur l’étude de trois épaves datant du VIIe siècle. Mais quel est-il ce VIIe siècle (600-699) ? Que se passe-t-il sur ce fleuve Charente, dans le royaume des Francs et même dans l’Occident latin au VIIe siècle ?

Pour percevoir l’histoire qui nous occupe, il faut bien avoir à l’esprit que l’empire romain d’occident a disparu depuis moins de deux siècles en l’an 600. D’ailleurs, les royaumes barbares qui dominent désormais les anciennes provinces romaines se revendiquent pour beaucoup de l’ancien empire. Les rois wisigoths et francs s’intitulent ainsi souvent consuls, le latin est une langue toujours utilisé, le pourpre est toujours à l’honneur et l’empereur (celui de Constantinople) est toujours considéré comme l’unique empereur du monde latin, même si son pouvoir n’est pas réellement effectif en Occident. Certains ponts, comme celui de Saintes, des amphithéâtres comme celui de Naintré, sont toujours en place et étonnent encore les visiteurs de passage par leur magnificence. Rome est un souvenir toujours proche.

Toutefois bien que présent, un souvenir reste chose du passé et même si certains titres honorifiques et des monuments rappellent l’ancien empire, force est de constater que les temps ont tout de même changer. Ainsi l’ancienne province des Gaules est désormais dominée par les Francs. Leurs rois, qui portent les cheveux longs, loin du Romain à la nuque dégagé, descendent de Chilpéric un ancien officier franc au service de Rome. Son fils, le bien connu Clovis lui a succédé, puis ses fils et leurs petits fils.

Au début du VIIe siècle, le roi se prénomme Clotaire II, arrière petit-fils de Clovis, il a mis fin à la Faid, une guerre vengeresse entre certaines branches de la famille mérovingienne. D’ailleurs l’évènement de ce début de VIIe siècle en Francie, c’est lorsqu’en 614, le roi Clotaire réunit à Paris, un concile de paix et de concorde, appuyé par plus de 60 hauts membres du clergé. Cette concorde est toutefois de courte durée car à la mort de Clotaire II, une crise de succession oppose ces deux fils, Dagobert Ier et Charibert II. Toutefois le soutien des Grands à Dagobert et son aînesse lui permet de rafler la mise sur la majeure partie du royaume. À Charibert échoit un territoire compris entre la Loire, l’Atlantique, les Pyrénées et le Massif central : l’Aquitaine. Ce souverain, qui eut donc sous sa main la Charente et ses bateliers, est éphémère car il est assassiné dès 630 et Dagobert reste seul maître de l’intégralité du royaume des Francs. Après un règne adroit Dagobert meurt en 639 et de nouvelles luttes dynastiques ont lieu entre ses descendants et leurs alliés. En 673, le royaume est à nouveau uni sous la férule de Childéric II, toutefois les luttes reprennent bien vite, notamment avec l’arrivée d’un nouveau joueur dans les années 680, Pépin de Herstall le maire du palais d’Austrasie. Sa famille ne va cesser de gravir les marches du pouvoir et récupérera finalement la couronne en 751, mais ceci est une autre histoire…

Ces trônes, ces couronnes et ces luttes sont une histoire mais pas la seule. Le batelier de Charente, le tailleur de pierre de Saintonge qu’ont-ils à faire de ces élites qui s’écharpent ? Leurs histoires à eux ne se résument pas à des batailles et des complots.

L’histoire du VIIe siècle pour les gens du pays, c’est d’autres mouvements, d’autres changements. Ainsi à partir des années 600, des évolutions sociétales s’opèrent. Le papyrus qui était jusqu’ici le support d’écriture majoritaire est peu à peu remplacé par le parchemin. Le christianisme se répand au détriment des anciennes croyances polythéistes qui étaient encore bien implantés. D’ailleurs le fait que des objets soient de moins en moins présents dans les sépultures en est une des illustrations. C’est aussi durant ce siècle, que la monnaie d’or cesse d’être frappé dans le royaume des Francs, le denier d’argent devient la monnaie principale. Les contacts et échanges se développent vers l’Irlande et l’Angleterre, d’ailleurs des marchands anglais sont signalés dans l’estuaire de la Charente. Il est possible qu’un bateau carrier semblable à la Mona leur apporte des pierres de Saintonge !